Rédiger un pitch qui déchire

Si je te dis…

Un hobbit doit détruire un anneau maléfique pour sauver son monde d’une identité maléfique.

… ça te parle ? Et…

Un jeune garçon découvre ses pouvoirs dans une école de magie et affronte un terrible sorcier avec ses amis sorciers.

Ou encore…

Un célèbre mathématicien utilise la psychohistoire, une science nouvelle, pour guider la Fondation à travers l’effondrement galactique imminent.

Tu as deviné le sujet du jour ? Non ? Alors, je te dis tout.

Aujourd’hui, on va parler du pitch. Et non, ce n’est pas une brioche au chocolat, je te le promets (des amatrices de blagues nulles par ici ? Bienvenues dans mon univers !).

Comprendre ce qu’est un pitch

Le pitch, plus traditionnellement appelé la prémisse, c’est un élément crucial, crois-moi. Cela peut faire toute la différence entre un livre qu’on dévore et un autre qui prend la poussière sur une étagère.

S’il y a une chose sur laquelle tu ne dois pas faire l’impasse avant la rédaction de ton roman, c’est bien le pitch, si tu veux mon avis (et même si tu ne le veux pas, d’ailleurs).

Pourquoi est-ce que j’insiste à ce point sur ce sujet ? Parce que le pitch te servira à toutes les étapes de ton travail : ce sera LA boussole qui te guidera quand ta motivation viendra à flancher, quand tu te perdras dans les méandres de ton histoire ou que tu ne sauras plus pourquoi tu t’acharnes. Puis, plus tard, ce sera aussi la phrase qui te servira à présenter ton manuscrit à un éditeur, ou à présenter ton roman à un potentiel lecteur, en salon. Bref, c’est l’identité de ton intrigue. Son ADN.

Alors, qu’est-ce qu’une prémisse ? Imagine-la comme une carte au trésor. C’est le guide qui indique la direction de ton projet, sans pour autant en révéler toutes les surprises. Par la suite, une bonne prémisse agit comme un aimant pour les lecteurs. Elle les attire, les intrigue et les pousse à dire : « Je veux découvrir ce qui se passe ! »

Comment construire ce pitch ? C’est simple. Qui est ton héros ? Quel est son désir le plus profond ? Pourquoi lui est-il difficile de l’atteindre ? Voilà, tu as ta prémisse. Facile, non ? Eh bien… non. La simplicité n’est qu’apparente. En réalité, rédiger un bon pitch est un exercice incroyablement difficile.

Les ingrédients d’un bon pitch

Penchons-nous à présent sur les ingrédients essentiels :

  • Une louche du personnage principal,
  • Une cuillère d’enjeu personnel,
  • Une bonne dose d’un objectif significatif,
  • Un antagoniste puissant,
  • Un enjeu plus général, mais à la hauteur,
  • De l’évolution.
 

Bon, j’imagine que c’est encore un peu flou, alors on va détailler. Pour ce qui va suivre, j’ai convoqué pour exemple la trilogie Nevernight, de Jay Kristoff, parce que… j’adore, tout simplement.

Le personnage principal

Pour commencer, on évite de donner son nom ou son prénom. On va donc chercher ce qui le caractérise en premier lieu. Qui est-il ? Un homme d’affaires ambitieux ? Un héritier trahi ? Une princesse rebelle ?

Exemple : Une orpheline déterminée à venger sa famille.

L’enjeu personnel

Quel est le trauma de ton personnage ? Cache-t-il un lourd secret ? Qu’est-ce qui l’empêche d’être heureux et de s’épanouir ?

Exemple : L’orpheline veut venger le meurtre de sa famille et la destruction de sa vie et de son innocence.

Un objectif d’envergure

Pour que le personnage agisse, il doit désirer quelque chose. Et s’il agit, quelqu’un pourra tenter de s’opposer à lui. La motivation du personnage doit donc apparaître dans le pitch.

Exemple : Elle désire intégrer une école d’assassins pour acquérir les compétences nécessaires à sa vengeance.

L’opposition / l’antagoniste

Qu’est-ce qui empêche ton personnage d’obtenir ce qu’il veut ? Qui  s’oppose à lui ?

Exemple : Son ennemi juré est le consul Julius Scaeva, responsable de la destruction de sa famille.

Les enjeux

Il faut imaginer les conséquences d’un échec du personnage. Que va-t-il se passer s’il ne remplit pas son objectif ? C’est pour éviter ces conséquences que le personnage agit, et ce qui amène de la tension dans le récit.

Exemple : Elle cherche à dévoiler la vérité pour renverser le système et ainsi restaurer l’équilibre de son monde.

L’évolution du personnage

Le personnage doit évoluer, changer. Il doit vivre des prises de conscience pour avancer.

Exemple : De novice à tueuse expérimentée, Mia découvre des vérités complexes sur la vie, la mort et elle-même. Elle remet en question ses convictions quand la vérité bouleverse sa vision du bien et du mal.

À ce stade, tu peux déjà faire un récapitulatif de tout ce que tu as écrit précédemment :

Une orpheline hantée par la vengeance entre dans une école d’assassins pour se former et accomplir son objectif de punir les responsables du meurtre de sa famille. Tout au long de son périple, elle évolue de novice à une assassine redoutable, découvrant des vérités déstabilisantes sur le monde qui l’entoure et remettant en question ses propres convictions morales. La complexité des intrigues politiques et des mystères obscurs de l’école forge une protagoniste intrépide, prête à défier les ténèbres pour atteindre son but.

Pourtant, tu te rends bien compte qu’on est encore des pitchs que je t’ai présentés en début d’article. Que reste-t-il donc à faire ?

Réduire, réduire, réduire

Un bon pitch n’excède pas les vingt mots. Autant te dire qu’il te faudra peut-être de nombreuses tentatives avant de parvenir à la bonne formulation, celle qui te satisfera pleinement. Ne lâche rien, tu vas y arriver. Et si tu n’y arrives pas, pose-toi les bonnes questions : l’intrigue que tu as élaborée dans ton esprit ou sur papier est-elle solide ? Tient-elle la route ? Si tu ne parviens pas à rédiger le pitch, c’est peut-être que tu dois encore travailler ton personnage principal et tes enjeux.

Comme tu le vois, le pitch est donc à la fois un travail préparatoire et un test grandeur nature de la validité de ton histoire.

Je te donne l’exemple final pour Nevernight : Une orpheline déterminée et formée à tuer entre dans une école d’assassins pour venger sa famille et défier les ténèbres.

BOUM !

Pour conclure, je te rappelle que ton pitch pourra par la suite t’être utile pour construire ta quatrième de couverture ou ta page produit Amazon, comme un bon slogan qui marque les esprits. Alors, n’abandonne pas, le jeu en vaut la chandelle !

Je te laisse avec deux astuces qui pourront te servir :

Astuce 1 : Rédige 10 pitchs différents. Tu pourras choisir celui qui te plaît le plus, et l’exercice, bien qu’exigeant, est excellent.

Astuce 2 : Lis ton pitch à quelqu’un capable d’objectivité, idéalement un·e lecteurice dans ta cible. S’il lui donne envie de découvrir ton roman, c’est gagné ! Tu peux même organiser un sondage sur tes réseaux sociaux.

Information : Tu pourras recevoir le fichier pour t’aider à rédiger ton pitch en t’inscrivant à ma newsletter

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