8 conseils pour corriger ton roman

Tu as posé le mot “FIN”, après des mois, peut-être des années de travail.

Tu te sens soulagée, libérée, tu exultes. Et tu as bien raison, ce que tu viens d’accomplir — écrire un roman —, ce n’est pas une mince affaire.

Pourtant, un petit nuage gris vient ternir ta joie.

Très rapidement, tu réalises que tu ne vas pas pouvoir publier ton livre en l’état. Oh que non.

Ce n’est que le début du voyage.

Prochain arrêt : la correction de ton roman !

1. Du temps et du recul… On laisse reposer !

Avant toute chose, accorde-toi le temps de profiter de ta réussite. Après des mois et des années à travailler comme une acharnée sur ton roman, souffle un bon coup, extirpe cette histoire de ta tête ! Et si cela peut t’aider à déculpabiliser, dis-toi que tu ne seras pas efficace en te remettant tout de suite à l’ouvrage. Tu manquerais d’objectivité, et c’est tout à fait normal.

Prendre le temps de penser à autre chose, de t’aérer va permettre à ton cerveau d’”oublier” ce roman, et tu pourras ainsi le découvrir avec un regard neuf et un plaisir renouvelé.

Donc, on range son petit (ou gros, hein) manuscrit au fond d’un tiroir, on ferme le tiroir à clé, on jette la clé et on profite de la vie.

Combien de temps ? Ça, c’est propre à chacune. Pour certaines, quelques jours suffiront, pour d’autres, il faudra des mois. L’idéal étant, à mon sens, de faire une pause de quelques semaines.

2. Reprendre le fond

Dans un premier temps, l’idéal est de commencer par une relecture de son roman. Si tu as respecté le temps de pause, tu vas redécouvrir ton récit, te plonger dans l’ambiance et commencer à t’en faire une bonne idée générale.

Tu peux prendre des notes, commenter, surligner : cela te sera utile plus tard.

L’idéal étant, à mon sens, de garder 4 idées en tête :

Les personnages

Quels sont les motivations de mes personnages ? Sont-ils bien caractérisés, sans tomber dans le cliché ? Leur évolution est-elle pertinente ? Leur background est-il bien amené ? Leurs réactions sont-elles cohérentes ?

Si le sujet t’intéresse, je te renvoie à l’article « Des personnages inoubliables », ainsi qu’à la masterclasse associée. 

L’intrigue

Ici, il s’agit de dénicher toutes les petites incohérences qui ont pu se glisser en cours d’écriture, mais pas seulement : il faut aussi se demander si chaque événement est bien amené, si les indices préparant aux révélations sont bien placés, suffisamment nombreux, ou au contraire, redondants…

Bref, on va chercher à équilibrer et dynamiser l’ensemble pour que notre futur lecteur n’ait plus jamais envie de fermer notre roman.

Le décor

Avec cet axe, tu vas t’attacher à analyser tes descriptions. Sont-elles fluides, suffisamment dynamiques, ou au contraire plates et ennuyeuses ?

Si tu écris dans l’un des sous-genres de l’imaginaire, c’est aussi le moment de t’interroger sur ton wordbuilding, sa cohérence, et l’ambiance que tu as souhaité mettre en place.

Les dialogues

Sont-ils naturels ? Comprend-on qui parle ? Les voix des personnages sont-elles assez caractérisées ? Pour t’en assurer, n’hésite pas à relire tes dialogues à haute voix !

Un petit conseil pour finir sur la correction du fond : Kill your darlings ! Tu dois supprimer tous les passages qui n’apportent rien à ton récit, même si tu les apprécies beaucoup et que tu leur as consacré ta meilleure plume.

Reprendre la forme

Après cette première relecture, il est temps de s’intéresser à la forme selon trois axes de travail.

Le style

→ Harmonise le style sur l’ensemble de ton roman : s’il s’est passé des mois entre le début de l’écriture et la fin, il est possible que ton style ait évolué (et c’est vrai même quand c’est ton quinzième roman).

→ Cherche les phrases trop longues, trop lourdes.

→ Traque sans pitié les répétitions (je ne parle pas de celles qui sont volontaires, évidemment).

Les fautes

→ Majuscules/minuscules,

→ Pluriel des mots composés,

→ Oublis des accords dans le groupe nominal/verbal,

→ Homophones (a/à, et/est/ai/aie/ait, son/sont, voir/voire…),

→ concordance des temps (indicatif avec “après que…”, confusion futur/conditionnel, passé simple/imparfait…),

→ Et j’en passe !

La typographie

Très important pour te faciliter la vie quand tu passeras à la phase mise en page (que tu choisisses de le faire toi-même ou que tu passes par un prestataire).

→ Les espaces,

→ Les points en fin de phrases,

→ Bonne utilisation de la ponctuation,

→ Les espaces fines ou insécables,

→ Les tirets cadratins (ou semi-cadratins) pour les dialogues,

→ Les ligatures linguistiques (œ, pour ne pas le citer ;-)),

→ Les italiques.

Et la liste est tellement longue !

Utiliser les logiciels de correction

Tu peux évidemment choisir d’utiliser un logiciel de correction. Pour ma part, que ce soit dans mon activité d’autrice ou de correctrice, j’utilise la dernière version d’Antidote. C’est effectivement un outil extrêmement puissant, mais… cela reste un outil.

Il faut avoir pris soin de le régler comme il le faut, et ce n’est pas toujours simple de s’y retrouver. De plus, Antidote seul ne suffira pas à éliminer toutes les fautes et les coquilles de ton roman. Un œil expert est nécessaire pour cela. Mais on va dire que cela permet d’enlever pas mal d’erreurs, ce qui est déjà beaucoup.

Maîtriser la bêtalecture

Place à tes bêlalecteurs ! Pour la première fois, des gens vont découvrir ton texte ! C’est une étape cruciale, car, même si on peut faire beaucoup seule, un regard extérieur reste nécessaire pour améliorer encore son roman.

Choisis tes bêtalecteurs avec soin

Choisis des bêta lecteurs maîtrisant et appréciant le genre que tu écris. Non, on n’envoie pas une romance contemporaine à un fan de SF.

Tente aussi de trouver des gens qui ne soient pas trop proches de toi. Ta grande sœur, par exemple, n’osera peut-être pas te faire toutes les critiques (constructives) qu’elle aurait faites à quelqu’un d’autre.

Pour finir, ne travaille qu’avec des personnes avec lesquelles tu te sens en confiance. À ce stade, ton roman n’en est qu’à ses début, tu as aussi besoin que l’on fasse preuve de bienveillance envers toi.

Guide-les

Tu peux préparer quelques questions auxquelles tes bêtalecteurs devront répondre à la fin de leur lecture :

→ Quelle scène avez-vous préféré ?

→ Quel personnage est votre favori ?

→ Y a-t-il des moments où vous vous êtes ennuyés ?

→ La fin est-elle satisfaisante ?

→ Pourquoi as-tu aimé ta lecture ? (Et si tu ne l’as pas aimée, pourquoi ?)

De plus, s’il y a quelques points sur lesquels tu ne parviens pas à statuer, n’hésite pas à te montrer plus précise.

Par exemple : Je ne suis pas à l’aise avec l’évolution de ce personnage, qu’en pensez-vous ?

Sois patiente

Tes bêtalecteurs te lisent bénévolement et prennent sur leur temps pour le faire. Ce n’est donc pas utile de les relancer tous les jours ou de te morfondre au fond de ton lit en attendant leur retour.

Tu peux éventuellement poser une date limite (mais ne sois pas trop exigeante, cela doit rester du plaisir aussi pour ces gens qui te donnent un coup de main) et profiter de ce temps libre pour planifier un nouveau projet.

Écoute… et fais le tri

Les premiers retours tombent. À toi de gérer les critiques, bonnes ou mauvaises. Si c’est quelque chose de difficile pour toi, n’oublie pas que tout ceci fait partie de la vie de ton roman, qu’il s’agit d’une étape nécessaire. Il est tout à fait normal qu’un roman souffre de faiblesses, et il vaut mieux les travailler à ce stade que d’en prendre conscience plus tard.

Néanmoins, tu restes la seule décisionnaire. Si un point soulevé par un bêta lecteur ne te semble pertinent ou que tu ne souhaites pas faire de compromis… libre à toi ! Il ne s’agit pas d’appliquer tous les conseils sans réfléchir.

Bref, on cherche à atteindre un équilibre entre ce que l’on a cherché à faire et l’avis des autres.

Changer la forme/la méthode

Après la bêtalecture, il faut bien sûr intégrer les remarques qui auront été faites. Mais ensuite… Vient le temps d’une nouvelle relecture.

Cette fois, il peut être intéressant de changer quelques facteurs :

→ Tu lis sur ordinateur ? Transforme ton texte en epub ou imprime-le ! Le fait de lire sur un autre support te permettra de voir ton roman autrement.

→ Change ton ordre de lecture : De la fin jusqu’au début, chapitres dans le désordre, tous les chapitres de tel ou tel personnage si tu as plusieurs points de vue… peu importe, cette fois, il s’agit de chambouler tes habitudes pour voir ton manuscrit sous un nouvel angle !

Prendre son temps

Ce n’est pas une course, c’est un marathon. Avec le temps, tu apprendras à t’organiser, tu sauras déterminer le temps nécessaire pour la correction de ton roman, et tu le prendras en compte.

Clairement, il m’est aussi arrivé de travailler dans l’urgence, mais ce n’est pas un conseil que je donnerai. Ce n’est pas confortable, et il y a trop de risques de laisser passer des choses qu’on regrettera ensuite.

Faire appel à une éditrice et/ou à une correctrice professionnelle

Est-ce que tout ce que tu viens de faire suffit ? Eh non, je suis désolée !

Dans l’idéal, confie ton manuscrit à une éditrice freelance, qui travaillera avec toi tous les aspects de ton roman, comme si tu avais signé dans une maison d’édition. Alors qu’aujourd’hui l’autoédition se professionnalise, c’est une étape essentielle dans la publication de ton roman.

Si tu ne peux passer par cette phase éditoriale, tu dois néanmoins, et là, par contre, il n’y a pas débat, confier ton roman à une correctrice professionnelle. Il n’y a qu’elle qui pourra s’assurer que tout est en ordre et que le roman est prêt à publier. Oui, c’est un budget conséquent, mais c’est, à mon sens, une étape indispensable, au même titre qu’investir dans une couverture professionnelle.

Et voilà ! Avec ce petit récapitulatif, j’espère que tu te sens mieux armée pour venir à bout du travail qu’il y a à effectuer sur un premier jet. 

Si tu souhaites faire appel à mes services, sache que je propose des prestations éditoriales : 

L’accompagnement éditorial 

La correction professionnelle 

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